
Légèrement dans le désordre, quelques extraits des pages 2, 3 et 4 de Lock Groove Comix n°1 de JC Menu.
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A priori, sur chaque disque vinyle biface usuel il y a deux sillons fermés, deux spirales qui vers le centre – au-delà de la partie enregistrée – se referment en un cercle. Si ce n’était pas le cas, en bout de face l’aiguille se retrouverait sur l’étiquette centrale du disque et… SCCKKKKRRTSCHHH !!! Pas vraiment idéal pour la pérennité et les vieux jours heureux de ladite aiguille !
Mais à partir de la fin de « A Day in the Life », dernier morceau de la face B de Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band des Beatles (version mono Parlophone de 1967) – ou même déjà du morceau « Loop » du Velvet Underground sur le split-flexidisc avec Peter Walker distribué avec la revue Aspen en décembre 1966 – certains ont eu la bonne idée de transformer cette courte boucle finale, jusqu’alors silencieuse en une boucle sonore, vocale ou musicale, tendue vers l’éternité et l’infini ; partie pour durer jusqu’à la prochaine panne d’électricité ou jusqu’à dépassement du seuil de tolérance de l’auditeur. L’individu qui prend la parole (sans sembler vouloir se taire en plus) risque plus de se faire remarquer que la majorité silencieuse : le terme de « lock groove » (ou « locked groove » ou « sillon fermé ») qualifiera donc désormais ces sillons sonores – et non les millions des leurs cousins taiseux.
Si généralement les locked grooves sont un petit cadeau à l’auditeur en fin de face (souvent en fin de disque, donc en fin de face B), quelques disques plus radicaux en ont fait, ces vingt-cinq dernières années, le centre de leur projet – chaque morceau du disque se terminant par une boucle ou se limitant même à n’être que cette boucle. From Here > Infinity de Lee Ranaldo (SST, 1987) en propose douze, les compilations RRR-100 et RRR-500 (RRR Records, 1993 et 1998)… cent et… cinq cent, la première compilation Yokomono (Staalplaat, 2004) cent-dix, etc.
Comme le relève le dessinateur JC Menu qui avec ses bandes dessinées Lock Groove Comix (éd. L’Association, 2008) a écrit une des introductions à la fois les plus drôles et les plus érudites au sujet, le transfert de certains de ces disques (l’album des Beatles ou celui de Lee Ranaldo) au format CD bousille pas mal à la fois l’effet et la philosophie du locked groove en proposant en guise d’ersatz à cette possibilité technique, certes archaïque et mécanique mais qui le dépasse, un certain nombre fini de répétitions de la boucle (douze fois pour celle des Beatles) puis… un tristounet « fondu » vers le silence… « Quelle imposture ! » s’écrie un Menu trrrrèèèès énervé en avant-dernière case de la page 3 du n°1 de sa BD !
(Petite) « hérésie » que nous avons aussi été amenés à commettre, faute d’un temps infini [x], sur les ondes de l’émission Big Bang d’Anne Mattheeuws sur Musiq 3 lors d’une séquence Archipel sur ce sujet à l’occasion du retour du vinyle à La Médiathèque et de la mise en collection de la compilation YokoMono 02 (Staalplaat, 2005) – cf. ci-dessous.
> capsule radio Big Bang / Archipel / Retour du vinyle et Locked grooves sur le site de la RTBF
> la même capsule sur le site Archipel > Audioguides > séquence n°12
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[x] merci déjà à Anne de nous avoir laissé trente minutes plutôt que quinze !

« Disque de 55 boucles [locked grooves / sillons fermés] de silence numérique réalisées par The Staalplaat Soundsystem sur une face et Anton Nikkilä, Carl Michael von Hausswolff, Charlemagne Palestine, Christian Fennesz, fm3, Ignaz Schick, Ilpo Väisänen, Justin Bennett, Phill Niblock, Radian, Tim Hecker pour cinq boucles chacun (non silencieuses, celles-ci!) sur l’autre face » (d’après METAMKINE).
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Tim HECKER en CONCERT :
– sam 30.04 – aalst – netwerk